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«
Bruxelles II bis » : de nouvelles règles en
matière de responsabilité parentale
Le 1er mars dernier, le
règlement (CE) n° 2201/2003 du Conseil du 27
novembre 2003 relatif à la compétence, la
reconnaissance et l’exécution des décisions en
matière matrimoniale et en matière de
responsabilité parentale, souvent appelé «
Bruxelles II bis », est entré en vigueur. Il
s’applique dans tous les États membres à
l’exception du Danemark, et concerne les actions
judiciaires intentées après le 1er mars 2005. Ce
règlement a pour but de faciliter les liens
entre parents séparés et enfants, quelle que
soit la raison de cette séparation, ou les liens
qui les unissent. Peu importe donc que les
parents soient mariés ou non, qu’ils l’aient été
ou non, ou encore que l’enfant soit commun aux
parties ou non. Les règles de compétence sont
conçues en fonction de l’intérêt supérieur de
l’enfant, en en particulier du critère de
proximité. Ce sont donc en premier lieu les
juridictions du tribunal où l’enfant a sa
résidence habituelle qui seront compétentes,
sauf cas exceptionnel. Le point essentiel du
règlement concerne la reconnaissance et
l’exécution des décisions. Sur la base du
principe de la reconnaissance mutuelle, une
décision rendue dans un Etat membre sera
reconnue dans tous les autres Etats membres, les
motifs de non-reconnaissance étant réduits au
strict minimum. Pour certains types de décisions
surtout, et pour la première fois dans le
domaine de la coopération judiciaire civile, la
procédure intermédiaire d’exequatur est
supprimée. Les décisions relatives au droit de
visite, et celles ordonnant le retour d’un
enfant après un enlèvement parental seront
reconnues et auront directement force exécutoire
dans tous les autres Etats membres, sans
qu’aucune procédure particulière soit requise.
Seule exigence pour ce faire : que le juge
d’origine ait délivré un certificat indiquant
que certaines règles de procédure ont bien été
respectées, et notamment que l’enfant et les
parties aient eu la possibilité d’être
entendues. Ce certificat ne sera par ailleurs
susceptible d’aucun recours, sauf erreur
matérielle. Ce règlement a d’autre part
vocation à résoudre le problème des enlèvements
internationaux d’enfants dans l’Union
européenne. Il prévoit ainsi que les
juridictions de l’Etat membre dans lequel
l’enfant résidait habituellement avant
l’enlèvement parental demeurent compétentes même
après celui-ci, et qu’elles décident en dernier
ressort du lieu de résidence future de l’enfant.
En outre, le règlement renforce l’obligation
d’ordonner le retour immédiat de l’enfant, dans
la mesure où celui-ci peut y être protégé. La
juridiction devra rendre sa décision dans un
délai de six semaines, et donner à l’enfant et
au parent dont l’enfant a été enlevé la
possibilité d’être entendus. En vertu du
principe de reconnaissance directe et sans
intermédiaire, toute décision d’une juridiction
d’origine entraînant le retour de l’enfant est
automatiquement reconnue et exécutoire dans
l’autre Etat membre, ce qui devrait avoir pour
effet de garantir le retour rapide de l’enfant.
Il est prévu que la Commission assurera un
suivi constant de l’application de ce
règlement. Il s’agit donc bien là d’une
petite révolution, qui devrait rapidement,
espérons-le, améliorer la situation des enfants
et parents
séparés. |