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17 - Janvier 2006 LOI DE FINANCES POUR 2006
Adoptée définitivement par le parlement le 20 décembre 2005, la loi de finances pour 2006 ne comporte guère de disposition significative s’agissant de la fiscalité de la famille. Pour l’essentiel, les seules mesures qui appellent quelque attention concernent la matière des droits d’enregistrement, encore que, pour certaines d’entre elles, il ne s’agit que de dispositifs qui prorogent ou pérennisent des régimes déjà existants.
On sait que dans le cadre de la timide réformette de l’impôt sur le revenu, car ne portant guère que sur le barème, le législateur a supprimé l’abattement de 20 dont bénéficiaient certains revenus tels les traitements, salaires ou pensions, les effets de cet abattement étant directement intégrés dans le nouveau barème progressif par tranche applicable aux revenus perçus à compter du 1er janvier 2006 (Loi de finances, art. 76-I). La suppression de l’abattement se traduit mécaniquement par une hausse de 25 % du revenu imposable du contribuable. Aussi, corrélativement, pour leur débiteur, le montant déductible des pensions en cause a-t-il été multiplié par 1,25. Les pensions alimentaires concernées sont notamment celles versées à un ascendant ou descendant dans le besoin, celles versées en exécution d’une décision de justice en cas de divorce ou de séparation de corps ainsi que certaines prestations compensatoires, ou enfin la contribution aux charges du ménage imposée par décision judiciaire en cas de séparation de fait des époux. La déduction des pensions versées à des enfants majeurs reste quant à elle plafonnée à hauteur d’un montant égal à l’abattement unitaire prévu en cas de rattachement d’enfants mariés au foyer fiscal de leurs parents, lequel a d’ailleurs été réévalué (là encore pour tenir compte des effets du nouveau barème). Cette mesure ne concerne toutefois que les seules pensions dues en vertu d’une décision judiciaire devenue définitive avant le 1er janvier 2006 ; les pensions non encore fixées définitivement ou celles versées spontanément pourront en effet être déterminées en tenant compte des incidences du nouveau régime fiscal applicable à leur créancier.
Dans le domaine de l’enregistrement, plusieurs mesures méritent mention en ce qu’elles viennent compléter l’arsenal fiscal visant à faciliter les transmissions patrimoniales à titre gratuit.
Il reste à signaler deux mesures d’ordre technique. La première précise les modalités de répartition de l’abattement global de 50 000 euros institué par la loi de finances pour 2005 (CGI, art. 775 ter) dont bénéficient les héritiers en ligne directe et le conjoint survivant. L’article 788-I du CGI prévoyait une répartition au prorata de chaque ayant droit dans la succession ; légalisant la doctrine administrative, la loi de finances (art. 27) précise que la répartition devra s’effectuer au prorata des droits légaux de chacun c’est-à-dire sans tenir compte des donations antérieures ou legs. Le même article modifie également l’ordre d’imputation entre l’abattement global et l’abattement de 50 000 euros applicable aux personnes handicapées, lequel sera désormais pris en compte avant abattement global.
Thierry
SCHMITT |